40 ans – Grosjean, son plus beau titre (2001)

Photo : ©FFT
Sébastien Grosjean / Photocall trophée - Rolex Paris Masters 2001
- Amandine Reymond

Le 4 novembre 2001, Sébastien Grosjean remportait le Rolex Paris Masters face à Yevgueny Kafelnikov. 25 ans après, le Français se souvient de la saveur particulière de cette victoire à domicile.

Il y a des titres qui comptent un peu plus que les autres. Pour Sébastien Grosjean, celui remporté dans la capitale en 2001 occupe une place à part. Parce qu’il s’agit de son premier (et seul) Masters 1000, mais aussi parce qu’il l’a gagné à domicile, devant un public français qui l’a soutenu tout au long d’une semaine inoubliable au sein d’une saison riche en émotions.

"C’est un excellent souvenir, résume-t-il. Lors de ce tournoi à Paris, les gens viennent vraiment voir un spectacle complet. Avec la musique, les lumières, l’entrée sur le terrain… C’était incroyable. Il y avait un bruit de folie dans cette salle."

Un parcours solide de bout en bout

Arrivé à Paris dans la peau d’un prétendant au Masters de fin d’année, le Marseillais jouait gros. Pour lui, l’équation était simple, il devait obligatoirement remporter le tournoi pour décrocher son billet pour Sydney. Une pression supplémentaire qui ne lui a pas fait oublier l’essentiel : prendre du plaisir devant ses supporters. Ces derniers l’avaient déjà porté jusqu’au dernier carré à Roland-Garros quelques mois plus tôt.

Tête de série n°6, Grosjean entre donc dans le tournoi avec l’ambition de finir l’année en apothéose. Il se défait d’abord de Dominik Hrbaty (26e), avant de prendre le meilleur sur Christophe Rochus (90e) au terme d’un match au score étonnant : 6/0, 3/6, 6/0. En quarts de finale, il retrouve Hicham Arazi (31e), adversaire qu’il connaît bien et contre lequel il s’était incliné quelques mois plus tôt en demi-finale sur la terre battue de Monte-Carlo. Mais sur dur, le scénario est différent et Grosjean – vainqueur 6/2, 6/2 – poursuit sa route pour retrouver Tommy Haas (11e) dans le dernier carré, lui aussi encore dans la course au Masters à ce moment-là. Solide, le numéro un français s’impose 7/5, 6/4 pour rallier la dernière marche.

C’est alors Yevgueny Kafelnikov, tête de série n°4, qui se dresse face à lui. "Il m’avait battu en finale à Marseille en début d’année donc je savais à quoi m’attendre." Vainqueur de Roland-Garros en 1996 et de l’Open d’Australie en 1999, l’ex-numéro un mondial, également champion olympique à Sydney en 2000, a l’expérience des grands rendez-vous. Déjà qualifié pour le Masters de fin d’année, il n’a en revanche jamais remporté de Masters 1000 (et malgré cinq finales dans cette catégorie, il n’en remportera aucun au cours de sa carrière).

"Ma meilleure saison"

"A l’époque, les finales des Masters 1000 se disputaient encore au meilleur des cinq sets, se souvient Grosjean. Dès le début, le combat a été très intense mais c’est à partir du troisième set que c’est devenu vraiment serré." Le Français, en tête à l’issue des deux premières manches (7/6(3), 6/1), voit alors son adversaire revenir dans le match en empochant la troisième au tie-break. La tension monte encore d’un cran dans le quatrième set mais Grosjean tient bon et conclut 6/4 sur sa troisième occasion, sur le service de son adversaire.

"Ce n’était pas la plus belle des balles de match", se remémore-t-il en souriant, faisant référence à ce smash de fond de court complètement manqué par Kafelnikov. Mais l’essentiel était ailleurs. Finalement vainqueur 7/6(3), 6/1, 6/7(5), 6/4 après 2h44 de match, Sébastien Grosjean succédait ainsi à Guy Forget, titré dix ans plus tôt sur le même court.

En soulevant l’arbre de Fanti, il célébrait également sa qualification pour le Masters de Sydney où il allait atteindre la finale deux semaines plus tard. Juste avant de soulever le Saladier d’Argent en Coupe Davis avec l’équipe de France face à l’Australie à Melbourne le 2 décembre !

"Cette année est exceptionnelle, et pourtant je n’ai pas joué pendant deux mois après m’être blessé lors d’une partie de tennis-ballon avec Mark Philipoussis à l’entraînement à Miami, rappelle-t-il. J’avais manqué la tournée américaine et je n’étais pas vraiment prêt pour l’US Open mais peut-être aussi que ça m’a donné plus de fraîcheur sur les derniers tournois de l’année. Ça reste ma meilleure saison !"

Souvent de passage dans la capitale lors du tournoi, Sébastien Grosjean retrouve toujours avec plaisir l’ambiance de ce rendez-vous parisien. En 2021, il était même venu remettre le trophée à Novak Djokovic, à l’occasion des vingt ans de son sacre. Cette année encore, il est au rendez-vous du Rolex Paris Masters pour cette deuxième édition à la Plenitude Arena. "L’an dernier je n’avais pas pu venir mais à la télévision, ça avait l’air super. C’est aussi une salle de concerts et d’événements comme à Bercy. J’avais hâte de voir ça en vrai."

©Nicolas Gouhier / FFT
Daniil Medvedev, Sébastien Grosjean & Novak Djokovic / Photocall trophées - Rolex Paris Masters 2021