40 ans Rolex Paris Masters – Episode #1 : les attaquants ouvrent la voie (1986 – 1995)
En 2026, le Rolex Paris Masters fête ses 40 ans ! Pour célébrer cet anniversaire, nous allons revenir en quatre articles sur les quatre décennies qui ont façonné son histoire. Premier épisode avec les années fondatrices (1986-1995) marquées par la domination de Boris Becker, première figure majeure d'un tournoi qui sourit alors largement aux attaquants.
Le champion marquant : Boris Becker
Après la disparition de l'Open Crocodile, disputé jusqu'en 1982 au stade Pierre-de-Coubertin, Paris cherche à instaurer une épreuve indoor de grand standing entre ses murs. Le Palais Omnisports de Paris-Bercy, inauguré en 1984, lui offre un écrin à la hauteur de ses ambitions. Il restera longtemps le théâtre du tournoi, jusqu'à son déménagement en 2025 à la Plénitude Arena.
Dès sa première édition, en 1986, le Rolex Paris Masters – appelé alors Open de Paris-Bercy –, mis sur pied par la FFT, s'impose comme le plus grand événement indoor du calendrier, après les Finales ATP. Classé dans la catégorie des Superseries, l'ancêtre des Masters 1000, il affirme immédiatement une identité propre : une ambiance spectaculaire, une mise en scène moderne et un contraste assumé avec Roland-Garros, son illustre voisin situé à l'autre bout de la Seine.
Pour réussir son baptême, il fallait un parrain de prestige : Boris Becker est celui-là. La surface retenue, une moquette assez rapide, semble avoir été conçue pour lui et pour son jeu tout en puissance. Le 2 novembre 1986, à 17h51 (à quelques jours de ses 19 ans), le jeune Allemand devient le tout premier vainqueur de l’épreuve, grâce à son succès en finale face au surprenant Espagnol Sergio Casal, issu des qualifications (6/4, 6/3, 7/6(3)).
Ce premier sacre n'est que le début d'une longue histoire d'amour. Entre 1986 et 1995, "Boom Boom" est présent à cinq reprises sur la dernière marche, pour trois titres. Vainqueur tous les trois ans, il récidive donc en 1989, en dominant son grand rival Stefan Edberg (6/4, 6/3, 6/3) dans un duel de grand standing, puis en 1992, en prenant cette fois le meilleur sur Guy Forget (7/6(3), 6/3, 3/6, 6/3). Un an plus tôt, en 1991, ce dernier était devenu le premier Français champion à domicile, après avoir remporté la plus longue finale de l'histoire du tournoi (7/6(9), 4/6, 5/7, 6/4, 6/4 en 3h46) face à Pete Sampras.
Entre-temps, Becker ne connaît pas de "vraie" défaite dans son royaume parisien. En 1990, lors de la première finale opposant les deux meilleurs joueurs mondiaux, il est contraint à l'abandon face au même Stefan Edberg, victime d'une déchirure à la cuisse en début de partie (3-3, ab.). L'année suivante, en 1991, une vilaine grippe le contraint au forfait en cours de route. Il faut attendre 1993 pour voir le triple vainqueur être en quelque sorte battu à la régulière, victime cette année-là du Français Arnaud Boetsch en quarts de finale.
Sous l'impulsion du charismatique champion allemand, le tournoi prend rapidement de l'ampleur. A partir de 1990, le tableau passe de 32 à 48 joueurs et attire désormais l'ensemble de l'élite mondiale. Les conditions de jeu favorisent les grands serveurs et les grands gabarits. Une "règle" qui, comme toujours, connait une exception : elle vient d'Amos Mansdorf (1,73 m, 33e mondial), qui devient en 1988, face à Brad Gilbert (double finaliste malheureux), l'un des vainqueurs les plus surprenants à Paris. Mais le talentueux Israélien est lui aussi plus à l'aise sur les surfaces rapides.
Globalement, les joueurs tournés vers l'offensive prennent donc vite possession des lieux. Quand Becker ne soulève pas le trophée, Tim Mayotte (1987) ou, on en a parlé, Stefan Edberg (1990), Guy Forget (1991) ainsi que Goran Ivanisevic (1993) prennent le relais. La victoire de ce dernier nommé, auteur de 97 aces durant sa semaine dont 27 en finale contre Andreï Medvedev (6/4, 6/2, 7/6 (2)), pousse d'ailleurs les organisateurs à ralentir légèrement la surface l'année suivante, afin de rééquilibrer les débats avec les adeptes du fond de court.
Cette évolution contribue à profiter immédiatement à Andre Agassi, sacré en 1994 aux dépens de Marc Rosset (6/3, 6/3, 4/6, 7/5). L'Américain devient le premier (futur) vainqueur de Roland-Garros titré au RPM, quand les vainqueurs de Wimbledon ont trusté sept de ces 10 premières éditions. Dont un, en 1995, particulièrement prestigieux : Pete Sampras, qui remporte le premier de ses deux sacres parisiens en battant en finale, comme un symbole, un certain Boris Becker (7/6(5), 6/4, 6/4). Une transition parfaite pour refermer le premier chapitre de l'histoire du tournoi.
Le palmarès
1986 : Boris Becker (ALL) b. Sergio Casal (ESP) 6/4, 6/3, 7/6(3)
1987 : Tim Mayotte (USA) b. Brad Gilbert (USA) 2/6, 6/3, 7/5, 6/7(5), 6/3
1988 : Amos Mansdorf (ISR) b. Brad Gilbert (USA) 6/3, 6/2, 6/3
1989 : Boris Becker (ALL) b. Stefan Edberg (SUE) 6/4, 6/3, 6/3
1990 : Stefan Edberg (SUE) b. Boris Becker (ALL) 3-3 ab.
1991 : Guy Forget (FRA) b. Pete Sampras (USA) 7/6(9), 4/6, 5/7, 6/4, 6/4
1992 : Boris Becker (ALL) b. Guy Forget (FRA) 7/6(3), 6/3, 3/6, 6/3
1993 : Goran Ivanisevic (CRO) b. Andreï Medvedev (UKR) 6/4, 6/2, 7/6(2)
1994 : Andre Agassi (USA) b. Marc Rosset (SUI) 6/3, 6/3, 4/6, 7/5
1995 : Pete Sampras (USA) b. Boris Becker (ALL) 7/6(5), 6/4, 6/4

