US Open 2026 : Zverev, Paris – New York en classe affaires
L’Allemand a remporté son deuxième tournoi du Grand Chelem à Flushing Meadows, trois mois seulement après le premier.
"J’espère qu’un jour, nous soulèverons ce trophée ensemble" avait déclaré Alexander Zverev à son clan quelques minutes seulement après avoir perdu la déchirante finale de l’US Open 2020 face à Dominic Thiem. Six ans plus tard, il a brillamment mis fin à cette quête, lui qui avait déjà transformé un premier rêve en réalité sur le court Philippe-Chatrier, en juin dernier. "Les séquelles de la finale de 2020 ont disparu après ma victoire à Paris, a-t-il confirmé à l’issue de son sacre. Avant ça, je ressentais beaucoup de stress car je me demandais toujours si j’allais réussir à en gagner un, un jour. Maintenant, je ne ressens plus que de la joie lorsque je joue ce genre de finales."
Expérience et force tranquille
Une consécration pour définitivement sublimer son changement de dimension. Voilà ce qu’a connu Sascha Zverev sur les courts abrasifs du Billie Jean King National Tennis Center durant 15 jours. Meilleur joueur de l’année dans les grands rendez-vous (demi-finaliste à l’Open d’Australie, champion à Roland-Garros, finaliste à Wimbledon et donc lauréat de l’US Open), l’actuel n°2 mondial savoure pleinement cette nouvelle régularité, lui qui a longtemps été considéré comme le meilleur joueur de l’histoire à n’avoir jamais été sacré en Majeur. "Plus on atteint ces stades de la compétition et plus ça devient normal, avait-il expliqué à la presse à l’issue des quarts de finale. C’est un sentiment très particulier quand ça devient la norme. Mais je ne considère pas que c’est quelque chose d’acquis, loin de là."
Une libération et un nouvel état d’esprit qui lui ont sans doute évité un sacré accident de parcours à New York, alors qu’il a passé plus de 9h30 sur les courts à l’occasion de ses deux premiers tours. "Je trouve que ma progression a été assez spectaculaire. Et c’est une très bonne chose parce que j’ai vraiment mal commencé le tournoi. A un moment, je me suis dit que je n’allais rien faire de bon ici. Et me voilà désormais à préparer la finale", avait-il confirmé à la veille de son match face à Ben Shelton.
Une dernière sortie à l’image de ce que le vainqueur du Rolex Paris Masters 2024 sait faire de mieux depuis de très nombreux mois. Intouchable ou presque sur sa mise en jeu, impérial sur sa ligne de fond de court (en attaque comme en défense), plus serein au filet et surtout exceptionnel par ses choix et son sang-froid dans les moments clés, il a maîtrisé les débats, à l’exception d’une troisième manche tombée dans l’escarcelle du chouchou du public américain (6/3, 7/6(2), 5/7, 6/2 en 3h33).
À 29 ans, il ainsi devenu le deuxième Allemand à remporter l’US Open après Boris Becker (titré en 1989) et le quatrième joueur de l’ère Open à glaner ses deux premiers titres du Grand Chelem au cours d’une même saison. "Je veux remercier mon équipe. Nous avons attendu trente ans avant de remporter un Grand Chelem et désormais, nous en avons gagné deux en l’espace de trois mois. Je pense que Dieu a vu à quel point nous avons travaillé, souffert et traversé des moments difficiles. Cette saison 2026 est le résultat de toutes les années qui l’ont précédée. Merci à vous tous, vous êtes extraordinaires et je ne serais pas ici sans vous."
Dans l’ombre de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner lors des deux précédents exercices, Zverev a donc pris une bonne partie de la lumière en 2026. Un coup de projecteur et un nouveau statut mérités au vu de ses 53 victoires dont 25 en Grand Chelem mais qui continuent de le surprendre, lui qui n’avait pas compris qu’il avait gagné après la balle de match dimanche dernier. "A ce moment-là, j’étais focus, j’étais dans une sorte de tunnel et je n’entendais plus rien, a-t-il expliqué. Le public était bruyant donc je n’ai tout simplement pas entendu l’annonce de l’arbitre. J’avais tout simplement oublié le score, je pensais que c’était 5-1 et non 6-2 ! […] Je ne me considère pas comme le plus talentueux, à aucun égard. Je n’ai pas un talent inné comme certains autres joueurs. Mon tennis repose sur un travail acharné, sur les heures passées sur le court et à la salle de sport. C’est comme ça que je joue au tennis."
Maintenant qu’il a eu le déclic, Sascha ne voudra pas s’arrêter là…
Shelton, un coup de tonnerre et des promesses
Lui non plus ne compte pas en rester là. Victorieux du plus beau match de sa carrière en quarts de finale face au tenant du titre Alcaraz (une première face à un membre du Top 3 en carrière après 17 tentatives infructueuses), Ben Shelton a prouvé qu’il avait franchi un cap en magnifiant ce succès majeur dans le dernier carré, face à son ami Frances Tiafoe.
Evidemment déçu de ne pas avoir inscrit son nom au palmarès de son Grand Chelem à l’occasion de sa première tentative sur la dernière marche, le showman américain n’en a pas moins enthousiasmé toute la planète tennis. Optimiste quant à la suite de sa carrière, il a immédiatement promis que ses efforts et ses qualités allaient bel et bien lui offrir cette fameuse régularité dans les grands rendez-vous, objet des critiques énoncées à son encontre ces dernières années. "Je suis heureux de la façon dont je me suis battu pendant ces deux semaines et je suis enthousiaste par rapport aux progrès que j’ai accomplis, a-t-il confié aux médias. Bien sûr, cette défaite fait mal. Mais il faut déjà penser à la suite, continuer à progresser et arriver en Australie encore plus fort que je ne l’étais ici […] Je n’ai jamais gagné mes premières finales, que ce soit chez les jeunes, sur le circuit Challenger ou désormais au plus haut niveau. Pour moi, cela fait partie du processus. Je suis encore très loin du joueur que je veux devenir. Mais je sais que je suis un compétiteur, je sais rester concentré pendant des heures sur le terrain. Et je suis convaincu que cela m’aidera à franchir de nouvelles étapes à l’avenir."

