Wimbledon : Sinner reverdit dans son nouveau jardin

Photo : ©Corinne Dubreuil / FFT
Jannik Sinner / Photocall trophée - Wimbledon 2026
- Romain Vinot

Le n°1 mondial est parvenu à conserver sa couronne au All England Club.

Le doute n’était finalement pas permis. Quelques semaines seulement après son élimination surprise dès le deuxième tour Porte d’Auteuil, Jannik Sinner a repris sa marche en avant à SW19. Bousculé uniquement lors de son entrée en lice, il a livré une masterclass dans le dernier carré face au septuple lauréat de l’épreuve avant de se montrer plus fort que le champion de Roland-Garros sur la dernière marche. Un cinquième sacre en Grand Chelem qui ne souffre aucune contestation.

Impérial au service, impitoyable en retour

Il s’agissait donc bien d’un simple accident sans conséquence psychologique ou physique sur le long terme. Battu par K.O le 28 mai sur le court Philippe-Chatrier, l’Italien a aussitôt repris son incroyable marche en avant, sublimée ce 12 juillet par une deuxième moisson de lauriers dans le temple du tennis. "Je pense que chaque tournoi du Grand Chelem est différent du point de vue de l’histoire, de l’environnement, des sensations avant et pendant la compétition. Pour moi, ce Wimbledon compte beaucoup, car ça a encore été difficile après Paris, tout comme en 2025. Mais en venant ici, j’ai essayé de me mettre dans les meilleures conditions pour être le plus compétitif possible. Nous avons enchaîné de très longues journées d’entraînement à Monaco, en amont. J’ai sacrifié mon temps et tout le reste pour en arriver là. Cette accomplissement compte énormément pour moi."

Bien sûr, durant cette quinzaine londonienne, tout n’a pas été parfait mais le lauréat a eu le mérite de serrer les dents lors de sa sortie inaugurale (cinq manches face à Miomir Kecmanovic), de gagner solidement sans éblouir ensuite, de monter en puissance et enfin de pleinement retrouver le jeu qui lui a permis de devenir le meilleur joueur du monde lors de ses deux dernières sorties. Injouable, sûr de sa force et particulièrement patient en demies contre Novak Djokovic (17 points perdus sur son engagement), Jannik Sinner a livré une partie du même acabit face à Alexander Zverev en finale. Durant toute la compétition, il aura remporté 84% des points disputés sur sa première balle, claqué 128 aces, et sauvé 73% des balles de break auxquelles il a fait face… Des pourcentages en nette hausse lors de ses deux dernières rencontres, naturellement.

Et pourtant, pour sa première apparition à ce stade de la compétition à Wimbledon, son adversaire sur la dernière marche a impressionné par sa régularité et sa solidité, notamment dans les deux premières manches. Mais tout comme 48h auparavant, Jannik Sinner n’a eu qu’une seule opportunité de break à écarter durant toute la rencontre…

"Il faut simplement être concentré sur l’instant présent, a-t-il expliqué face aux médias, curieux de connaître la clé d’une telle régularité. Si vous perdez votre engagement ne serait-ce qu’une fois, il y a des chances que le set soit terminé, surtout face à Sascha. Contre les meilleurs joueurs du monde, il faut être très prudent sur ses propres jeux de service. Je me suis amélioré tout au long du tournoi, d’ailleurs, si l’on compare mes performances lors des deux ou trois premiers matchs à la façon dont j’ai terminé le tournoi, on constate une progression constante. Et ces progrès, ces améliorations, c’est exactement ce dont j’avais besoin. Bien sûr, mentalement, il faut aussi être capable d’avoir le déclic. Mais je suis très content de la façon dont j’ai géré la situation, surtout cette année. Maintenant, il est temps d’en profiter."

Des vis-à-vis admiratifs

Efficace, clinique puis étincelant durant cette victorieuse aventure, Sinner a une nouvelle fois prouvé qu’il pouvait gagner peu importe les conditions de jeu, ses opposants ou ses sensations. En glanant dimanche dernier sa 100e victoire en Majeur, il est également devenu le 10e joueur de l’ère Open à parvenir à conserver sa couronne londonienne. Surtout, depuis le mois de mars, le vainqueur du Rolex Paris Masters 2025 a enchaîné 36 victoires (dont 31 sans perdre le moindre set) pour une seule défaite.

Une domination quasi-totale qui suscite l’admiration de ses contemporains, en particulier de sa dernière victime, pourtant dans la forme de sa vie ces dernières semaines. "Jannik est toujours le meilleur joueur du monde, j’en suis convaincu, a expliqué le champion du Rolex Paris Masters 2024. Je pense qu’il y a probablement trois adversaires capables de le challenger. Nous devons tous les trois travailler avec cet objectif. Je vais continuer à m’améliorer pour ça. Aujourd’hui, j’ai relevé le défi mais pas suffisamment puisque j’ai quand même perdu le match. Je vais continuer dans cette direction, il y a d’autres grands tournois qui approchent."

En l’absence de Carlos Alcaraz, le nouveau n°2 mondial et l’homme aux 24 titres en Grand Chelem semblent en effet les mieux armés pour stopper la course aux records effrénée du patron de la discipline. Mais c’est aussi contre ces joueurs qu’il est souvent le meilleur… Parviendra-t-il à devenir le premier joueur de l’histoire à soulever tous les trophées en Masters 1000 au cours d’une même année ? Remportera-t-il un 6e Majeur à l’US Open ? Les rendez-vous sont pris.