Roland-Garros : Zverev, Paris est définitivement à lui

Photo : ©Marine Andrieux / FFT
Alexander Zverev / Photocall trophée Paris - Roland-Garros 2026
- Romain Vinot

Le champion du Rolex Paris Masters 2024 est devenu un vainqueur de Grand Chelem sur la terre battue de Roland-Garros.

"La victoire appartient au plus opiniâtre". C’est face à cette devise, écrite en lettres capitales dans les tribunes du court Philippe-Chatrier, qu’Alexander Zverev s’est écroulé au sol de joie ce dimanche, à l’issue de sa victoire en cinq manches face à Flavio Cobolli (6/1, 4/6, 6/4, 6/7(5), 6/1 en 4h16). A 29 ans et après trois tentatives infructueuses sur la dernière marche (US Open 2020, Roland-Garros 2024 et Open d’Australie 2025), Sasha a enfin achevé sa quête en devenant le premier joueur allemand de l’ère Open à triompher à Roland-Garros. Il est désormais – et le restera – un champion en Majeur.

Un statut pleinement assumé

Au vu du vent de folie qui a soufflé sur cette édition 2026, le sacre d’Alexander Zverev ne constitue pas une surprise en soi. Tête de série n°2 du tournoi à la suite du forfait du double champion en titre Carlos Alcaraz, le natif de Hambourg a vu ses plus féroces concurrents quitter la scène parisienne un à un, lui laissant un boulevard pour enfin réaliser son rêve. Pour ne citer qu’eux, Jannik Sinner – victime d’une grosse défaillance physique – s’est incliné dès le deuxième tour face à Juan Manuel Cerundolo et Novak Djokovic a été renversé au suivant par la pépite brésilienne Joao Fonseca. Un nouveau champion en Grand Chelem allait ainsi forcément être sacré, et ce dès les huitièmes.

Mais, pour Zverev, encore fallait-il tenir le cap, ne pas être rattrapé par la pression et assumer son statut tout au long de la compétition. Une mission parfaitement réussie puisqu’il n’a concédé que deux sets sur la route le menant à la finale (au troisième tour et en demies), écartant notamment Rafael Jodar et Jakub Mensik, deux membres de la jeunesse dorée du circuit ATP.

Quant à la dernière marche, elle n’a pas été avare en péripéties. D’abord dominateur pour s’adjuger la première manche sans conteste (6/1), l’Allemand s’est quelque peu tendu, ce qui a évidemment permis à Cobolli de lâcher ses coups et de reprendre confiance. La bataille s’est prolongée jusqu’en fin de quatrième manche, moment irrespirable au cours duquel l’Italien a pris le dessus non sans en passer par un tie-break.

Mais Sascha, en mission, n’a pas laissé les vieux démons ressurgir en prenant les commandes du dernier acte, pour ne plus jamais les lâcher malgré l’insistance d’un vis-à-vis épuisé mais toujours dangereux. Sur un dernier smash manqué du désormais 10e joueur mondial, le nouveau champion est tombé à la renverse, submergé par l’émotion d’un bonheur suprême qu’il convoitait depuis des années.

Roland-Garros, théâtre rêvé de son accomplissement

Jusqu’à ce dimanche, Alexander Zverev était considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de l’histoire à n’avoir jamais remporté de Grand Chelem. Sacré à 25 reprises sur le circuit avant cette édition, son palmarès comportait notamment une médaille d’or olympique (aux Jeux de Tokyo en 2021), deux titres aux Finales ATP (2018, 2021) mais aussi sept Masters 1000. Il lui a fallu attendre sa 125e victoire dans la catégorie reine (plus que n’importe quel vainqueur depuis le début de l’ère Open) pour enfin s’emparer du Graal et ainsi rejoindre Andre Agassi, Andy Murray et Novak Djokovic, seuls membres du club très fermé des joueurs s’étant imposés dans les quatre grandes catégories de tournois du circuit masculin.

Mais là où l’histoire est sans doute encore plus belle, c’est que ce couronnement tant espéré se soit déroulé à Paris et plus précisément sur le Philippe-Chatrier. Une antre au sein de laquelle il aura donc tout connu, de sa plus grave blessure à l’enchantement, en passant par une grande désillusion. "Ce court représente tellement de choses pour moi. J’ai passé les meilleurs moments de ma vie sur ce court, mais aussi les pires. Je me suis rompu sept ligaments à la cheville, j’ai perdu une finale et désormais, je remporte ce trophée. C'est une fin heureuse", a-t-il d’ailleurs confié lors de la cérémonie de remise des trophées.

Reste désormais à savoir si cet accomplissement fort en émotions et en symboles en appellera d’autres dans un avenir plus ou moins proche. Le principal intéressé y croit fermement. "Cela m'est arrivé très tôt en Masters 1000, puisque j’en ai remporté un à 20 ans avant d'en gagner beaucoup d’autres par la suite, a-t-il poursuivi en conférence de presse. J’ai donc connu assez rapidement ce sentiment d’accomplissement dans cette catégorie, alors qu’en Grand Chelem, cela a pris plus de temps. Désormais, quoi qu’il arrive, je serai toujours un champion en Grand Chelem, et personne ne pourra me l’enlever. Peut-être que cela me donne effectivement une certaine liberté. Cela m’apporte aussi une forme de sérénité supplémentaire. Mon esprit sera sans doute un peu plus calme lorsque je jouerai une finale, car même si je la perds, je resterai un champion en Grand Chelem. Je pense que ce trophée est extrêmement important pour moi, parce que si je l’avais perdu, ma confiance en moi aurait énormément souffert. Mais maintenant que je l’ai gagné, je me sens capable de recommencer."