Huitièmes de finale : valse d'exploits dans l'Arena
Luca Van Assche, Rinky Hijikata et Nuno Borges continuent de souffler un vent de folie sur les courts de la Plenitude Arena !
Van Assche, un costume de héros à sa taille
C'est non seulement un exploit... mais un exploit à domicile qui plus est. Luca Van Assche est un Parisien (très) heureux ce jeudi soir. Le 47e mondial a réussi l'exploit de se qualifier en quarts de finale du Rolex Paris Masters après une victoire de prestige face à Lorenzo Musetti, 24e à l'ATP (7/5, 3/6, 6/4 en 2h38).
Le Français était pourtant en terre inconnue, lui qui disputait son premier huitième de finale en Masters 1000. Mais il a tenu le choc. Mieux que ça, il a récité un tennis très propre pour neutraliser l'Italien lors de la première manche. Après un break au meilleur des moments, à 6-5, le Français s'est retrouvé lancé sur la route d'une vraie sensation.
Mais Lorenzo Musetti se trouvait dans une très bonne dynamique. Vainqueur à Lyon (où il avait notamment dominé... Luca en quarts de finale), tombeur du n°1 mondial Alexander Zverev hier, le natif de Carrare a remis du poids dans sa balle, se montrant de plus en plus dangereux. Logiquement, il a égalisé à un set partout.
Cependant, l'Italien, plutôt dominateur dans l'échange, n'a pas réussi à prendre le large. Et Van Assche, bousculé sur toutes ses mises en jeu, a fait le dos rond, avant de finir très fort physiquement. Alors que le public poussait de plus en plus, le Parisien a arraché le break. Impérial sur son dernier jeu bouclé blanc, Van Assche a pu en jeter sa raquette après la balle de match.
"En tant que Français, jouer le Rolex Paris Masters, c’est spécial, l’ambiance est très particulière, a-t-il expliqué au micro d'Eurosport. On se sent très soutenus, le public ne m’a pas lâché du début à la fin. A cette période de l’année, les joueurs sont souvent fatigués et pouvoir compter sur cette énergie-là, c’est précieux. Ça m’a permis de bien finir aujourd’hui, de battre Lorenzo qui est un joueur incroyable et qui a battu le n°1 mondial hier, je suis très fier de ça. Il y a un an, j’étais 200e mondial et maintenant je suis dans le Top 50. Ça montre à quel point j’ai su mettre mon jeu en place sur le terrain, je savais que j’en avais les capacités mais le savoir et le faire, ce sont deux choses très différentes. Ce tournoi concrétise ces efforts."
Quoi qu'il arrive, il y aura une sacrée surprise en demies, puisque Van Assche affrontera demain Rinky Hijikata.
Hijikata fait encore sensation
Lorsqu’il s’est présenté aux portes des qualifications samedi, Rinky Hijikata n’avait lui non plus jamais remporté le moindre match à Paris. Cinq magnifiques victoires plus tard et l’Australien est également en quarts d’un Masters 1000 pour la première fois de sa carrière. Huitième-de-finaliste à Indian Wells en mars dernier, il avait déjà égalé son meilleur parcours dans cette catégorie à l’issue de son succès sur… Novak Djokovic (n°10) hier ! Il a récidivé dans le domaine de la remontada cet après-midi contre Tomas Martin Etcheverry (2/6, 6/3, 7/5 en 2h06).
Timide dans ses premiers coups de raquette, il a concédé un break d’entrée et plié face à la force et la puissance de l’ouragan argentin, particulièrement en réussite durant la première demi-heure. Mais il n’a pas rompu. "Dans le premier set, j’ai tenté des choses mais ça ne passait pas, a expliqué le vainqueur au micro de l’ATP. Je voulais continuer et il fallait que je me fasse confiance, je suis content que ça ait fonctionné dans les moments importants." De nouveau à flot dès les jeux inauguraux de la deuxième manche, il est enfin parvenu à dicter la cadence puis à prendre les commandes pour ne plus jamais les lâcher. Comme face au Djoker, ce sont ses prises d’initiatives qui ont été récompensées, lui qui est particulièrement friand de ce fameux coup droit long de ligne qui a fait se lever plus d’une fois la foule du court 1 ce jeudi.
Accrocheur aux bons moments, solide lorsqu’il est accroché, il est surtout parvenu à faire une dernière différence en fin d’acte final pour éviter d’en passer par la case tie-break. "C’est incroyable, c’est un sentiment magnifique, a-t-il poursuivi. C’était difficile de revenir sur le court après la victoire d’hier, je manquais un peu d’énergie. Tomas avait beaucoup de fans en tribunes, ils ont fait beaucoup de bruit mais en fait ils m’ont aidé à me transcender donc merci à eux ! Plus généralement, ça a été beaucoup de travail pour revenir à ce niveau et à ce classement. J’ai désormais l’impression d’être de retour à ma place."
Une aventure amenée à se poursuivre ? Voilà qui ne sera pas du goût de Luca Van Assche et des supporters français…
Borges, very lucky loser
Dimanche soir, lorsqu'il a été éliminé des qualifications par Alex Molcan, Nuno Borges était sans doute loin de penser qu'il allait écrire l'histoire du Rolex Paris Masters. Le Portugais, repêché dans le tableau final après le forfait d'Alejandro Davidovich Fokina, est devenu le premier lucky loser de l'histoire à se qualifier pour les quarts de finale du Masters 1000 parisien. Il dominé le Péruvien Ignacio Buse, 33e mondial, sur le court n°1 (6/0, 6/2 en 1h11).
Entre deux joueurs plus à l'aise sur l'ocre de la terre battue, le duel promettait d'être serré. Il n'en fut pourtant rien. Solide au service, percutant dans l'échange, Borges s'est envolé avec un double break d'entrée avant d'enfoncer le clou pour infliger un 6/0.
Euphorique, le 49e mondial a continué sur sa lancée avec un nouveau break. S'il a stoppé l'hémorragie pour inscrire un premier jeu, Buse a fait appel au soigneur pour une blessure au genou gauche. Un temps mort médical qui n'a pas perturbé Borges : impérial au filet (13 montées gagnantes sur 14), le Portugais a filé vers la victoire. Au prochain tour, ce très heureux lucky loser devra se mesurer au vainqueur du match entre Casper Ruud et Jan-Lennard Struff. Pour une nouvelle surprise ?

