Demi-finales : Alcaraz, promesses tenues

Photo : ©Julien Crosnier / FFT
Carlos Alcaraz / Demi-finales - Rolex Paris Masters 2026
- Romain Vinot

Sur la lancée de son formidable quart de finale face à Taylor Fritz, le Murcien a écarté Casper Ruud de son passage pour rallier sa première finale du Rolex Paris Masters.

Carlos Alcaraz est un homme de parole. Quelques heures seulement après avoir posé ses valises dans la capitale – auréolé d’un 28e titre brillamment glané à l’ATP 500 de Vienne –, il s’était présenté au centre médias de la Plenitude Arena pour évoquer sa forme du moment, ses ambitions et ses certitudes. "Je suis certain que tôt ou tard, je ferai un excellent parcours dans ce tournoi", avait-il lancé afin de répondre aux interrogations quant à son absence de performance notable lors du dernier Masters 1000 de la saison. Ce que l’on ne savait pas, à ce moment-là, c’était que "tôt ou tard" signifiait "dès cette édition 2026" dans la tête de l’actuel 3e joueur mondial.

Impérial et efficace

Exempté de premier tour en raison de son classement puis privé de huitièmes de finale à la suite du forfait de Matteo Berrettini (blessé au coude), il n’a pas beaucoup joué sur le dur abrasif parisien mais ça ne l’a toutefois pas empêché d’y laisser sa marque. Solide face à Alex Michelsen au 2e tour, il a réinterprété l’hymne à la joie en quarts, au grand dam de Taylor Fritz, renversé après avoir eu deux balles de match. Ce duel, qui a fait ressurgir les plus belles émotions de l’histoire d’amour entre le double vainqueur de Roland-Garros et le public français, promettait des lendemains qui chantent. Et la mélodie a donné des acouphènes à Casper Ruud ce samedi.

Battu à six reprises lors de leurs sept précédentes confrontations, le Norvégien n’est pas passé à côté de sa première demie à Paris, loin de là. Extrêmement costaud et efficace depuis le début de sa campagne, il a repoussé l’échéance en résistant aux deux premières tentatives de break, à 1-1 puis 2-2. Mais dans le fameux septième jeu – qui ne l’est pas toujours – "Carlitos" a porté l’estocade pour s’emparer de l’engagement adverse et des commandes de la partie (6/4 en 46 minutes). Dans le premier acte, ses 78% de points gagnés derrière sa première (et 86% après la seconde) l’ont placé hors d’atteinte et ses 7 coups droits gagnants ont permis au public de donner de la voix.

Bis repetita ou presque dans le deuxième set. Assez peu sous pression sur leurs mises en jeu, les deux hommes ont déroulé un tennis limpide parsemé de quelques frappes spectaculaires pour se retrouver au coude-à-coude à 4-4 et laisser entrevoir une éventuelle conclusion au tie-break. Mais ce scénario, très peu du goût du septuple vainqueur en Grand Chelem, a volé en éclat lorsqu’il a converti sa deuxième balle de break de cette deuxième et dernière manche (6/4, 6/4 en 1h26).

Clinique dans les moments clés, intouchable au service (aucune balle de break à écarter) et surtout beaucoup plus entreprenant que son opposant, solide mais quelque peu inoffensif, Carlos Alcaraz s’est ouvert en grand les portes de sa 6e finale de l’année, la 11e en Masters 1000 et la 38e en carrière.

Il y retrouvera Ben Shelton, contre lequel il a disputé l’un des matchs de l’année en quarts de finale de l’US Open. Cette partie mythique, personne ne l’a oubliée et surtout pas les deux principaux intéressés. "Je suis très heureux et très fier, a déclaré le vainqueur du soir au micro de l’ATP. Ce tournoi a toujours été difficile, je n’avais jamais réussi à aller au-delà des quarts de finale avant cette édition. C’est une année bizarre, différente pour moi et arriver à cette période de la saison plus frais, ambitieux, affamé et enthousiaste à l’idée de participer aux tournois et jouer beaucoup de matchs, c’est sympa. Je suis heureux d’être en finale, j’ai hâte d’y être et je vais m’y préparer du mieux possible. Je veux vraiment prendre ma revanche ! La dernière fois qu’on s’est rencontrés avec Ben c’était un match difficile et incroyable, il faudra que je sois meilleur dans les moments importants, ce que je n’avais pas réussi à faire à l’US Open." Pourvu que les retrouvailles soient belles.