Demi-finales : Ben Shelton sur un nuage
Malgré la perte de la manche inaugurale, l’Américain a pris le dessus sur Luca Van Assche et disputera sa première finale au Rolex Paris Masters.
La patience récompensée
Les matchs à enjeux, il connaît. La pression, il a appris à la gérer. C’est logiquement dans le costume de favori que Ben Shelton (n°3) est entré sur le court central face au chouchou du public ce samedi. Et c’est lui qui s’est procuré la première opportunité de break. Mais à 2-1, 30-40, le public n’a pas manqué de soutenir le local, qui s’en est parfaitement sorti grâce à une impressionnante première.
En difficulté sur l’engagement adverse (jusqu’à 5-5, l’Américain n’avait perdu que sept points sur sa mise en jeu), Luca Van Assche a fait le dos rond, installant doucement le doute dans la tête d'un vis-à-vis qui s’est mis à enchaîner les fautes. À 5-5 sur sa troisième balle de break, le jeune joueur de 22 ans a su résister dans l’échange et changer de rythme au bon moment pour insister sur les points faibles de l’Américain, dont le retour est resté dans le filet. Comme un symbole, c’est sur un coup droit manqué du gaucher – le 14e de ce premier acte ! – qu’il a converti son break, s’offrant le droit de servir pour le set.
Devant un public très enthousiaste à l’idée de retrouver un Français en finale pour la deuxième fois en trois éditions, Van Assche a su se nourrir de l’ambiance des grands jours à l’occasion de sa première demi-finale dans un tournoi de cette catégorie. Très appliqué, il s’est offert deux balles de set grâce à une bonne première et a profité d’une énième faute adverse pour empocher le premier acte 7/5 en 55 minutes.
Shelton à réaction
Il n’a pas eu besoin de plus de 40 minutes pour remettre les compteurs à zéro. Ou plutôt le tableau d’affichage à un set partout. Fort de son expérience de récent finaliste en Grand Chelem, Ben Shelton n’a pas manqué cette nouvelle opportunité de break à 3-2, la deuxième seulement de la partie. Sur un coup droit gagnant, il a retrouvé des couleurs et pris les devants au score, en parvenant notamment à contrôler un peu plus les échanges au bout d’un set et demi. Dominé, le Tricolore n’a inscrit que trois points sur le service adverse, laissant logiquement filer cette manche (6/3).
Et c’est une nouvelle fois l’expérience qui a fait la différence dans le dernier acte. Alors qu’il menait d’un break (3-1) – converti sur un superbe retour gagnant alors que l’Américain était prêt à enchaîner au filet –, le Français a fait preuve de nervosité. Si proche du plus bel exploit de sa carrière, il s’est trompé et a laissé échapper son service sur une double faute, synonyme de débreak. Ensuite, il n’est plus parvenu à remettre la marche avant, pourtant si bien enclenchée dès l’entame de match, et l’Américain a conclu en empochant cinq des six derniers jeux (5/7, 6/3, 6/4 en 2h16).
"Luca a vraiment très bien joué, il était très régulier et ça m’a poussé à forcer un peu mes coups, c’est comme ça que j’ai fait trop d’erreurs dans ce premier set, a détaillé le vainqueur à l’ATP. Ensuite, mon but était vraiment d’être bien plus précis et de me servir de la rapidité du court pour prendre le dessus et j’ai trouvé un bon rythme. J’ai commencé à mieux retourner et ensuite, tout m’a un peu plus souri."
Grâce à ce succès, "Big Ben" se hisse sur la dernière marche d’un tournoi pour la sixième fois de la saison et devient le premier américain en finale du tournoi parisien depuis Jack Sock en 2017. Ce dernier avait alors soulevé l'arbre de Fanti...

