Quarts de finale : Alcaraz, la joie du plus fort
Longtemps malmené par Taylor Fritz, Carlos Alcaraz a complètement renversé la situation et sauvé deux balles de match pour décrocher son ticket pour une première demi-finale parisienne.
À l'exception d'une première manche remportée au tie-break face à Alex Michelsen à l'occasion de son entrée en lice, Carlos Alcaraz (n°2) n’avait pas vraiment été bousculé dans cette édition 2026 du Rolex Paris Masters. Il faut dire que le Murcien a été exempté de premier tour et privé de huitièmes de finale à la suite du retrait de Matteo Berrettini. Il n’avait ainsi passé qu’1h41 sur les courts de la Plenitude Arena avant ce vendredi. Trop peu, donc, pour parler d’acclimatation. Ces fameux repères lui ont peut-être manqué au moment de conclure le premier set contre l’Américain. Après un break rapidement empoché (à 3-2), il a baissé en précision et en agressivité au moment de servir pour le gain de la manche inaugurale, laissant son adversaire revenir à hauteur sur un débreak blanc (5-5). En perdant douze points sur quinze, il s’est laissé embarquer dans un jeu décisif (de près de 15 minutes !) qu’il n’est pas parvenu à maîtriser. Taylor Fritz (n°11) s'est procuré le premier une balle de set puis les opportunités ont alterné entre les deux hommes, jusqu’à 11-10. Une troisième occasion convertie par l’Américain sur une énième faute directe du septuple vainqueur en Grand Chelem. Inhabituel.
Puis, c’est un peu comme si "Carlitos" avait perdu en automatismes. Breaké à 3-3, c’est lui qui a couru après le score dans le deuxième acte, bousculé par un homme dont le destin - une participation aux Finales ATP de Turin - était entre ses mains. Sur son service, le 3e joueur mondial a sauvé une première balle de match. Une échéance seulement repoussée ? C’est mal le connaître. À 4-5, il a retrouvé des couleurs, poussé par un public qui n’a eu de cesse de scander des "Carlos ! Carlos !" à chaque point gagné. Après avoir sauvé une deuxième balle de match sur un sublime coup gagnant dont il a le secret, il a converti son débreak. La machine était totalement relancée, les repères trouvés et le set empoché (7/5 en 1h02).
"J’ai très bien commencé le match et puis je me suis senti nerveux… Taylor en a profité pour hausser son niveau de jeu, il a joué de mieux en mieux notamment en fond de court. Dans le tie-break, j’ai eu mes chances mais je n’ai pas réussi à les saisir et je n’ai pas pris les bonnes décisions, a-t-il analysé en zone mixte après le match. Dans le deuxième set, c’était un peu la même histoire au début, mais après 5-3, j’ai commencé à me sentir un peu plus relâché, j’ai juste voulu profiter et c’est comme ça que mes nerfs se sont relâchés. Quand j’ai lâché mes coups, j’ai commencé à retrouver le sourire, à me nourrir de l’énergie du public et ça m’a aidé. Une fois que j’ai retrouvé ça, j’ai profité de chaque seconde sur le court et ça a été la clé."
Un scénario renversant
Comment arrêter un Alcaraz le sourire figé jusqu'aux oreilles et qui a retrouvé toute sa vivacité et ses qualités offensives ? C’est peut-être une question qui taraudera Taylor Fritz ce vendredi soir. L’Espagnol a remporté quatre des cinq premiers jeux de l'acte final – dont deux blancs – et a manqué de peu l’occasion de mener d’un double break à 4-1. Alors, il s’est montré patient et a attendu de servir pour s’octroyer, sur un ace, sa première occasion de conclure la partie (6/7(10), 7/5, 6/3 en 2h43).
Deux balles de match sauvées et une rencontre remportée au bout de l’effort… Un scénario qui a rappelé de bons souvenirs à l’Espagnol et aux fans de la discipline (il en avait sauvé trois contre Jannik Sinner avant de s’adjuger sa deuxième Coupe des Mousquetaires, à Roland-Garros, en 2025). "Je dois dire que sans le soutien du public, je n’y serai jamais parvenu. J’étais très stressé aujourd’hui et toute l’énergie que j’ai ressentie depuis les gradins m’a vraiment porté, a-t-il confié au public sur le court, au micro de Marc Maury. Ce match aujourd’hui m’a un peu rappelé cette finale de Roland-Garros, l’année dernière. Le soutien que j’ai reçu aujourd’hui était incroyable. Ça m’avait manqué de jouer à Paris et ce soir je comprends vraiment pourquoi, c’est un endroit si spécial ! Ce match va sûrement rester comme l’un des plus spéciaux que j’ai disputé. Je vais m’en rappeler très longtemps !"
Samedi, il aura l’occasion de poursuivre son rêve parisien face à Casper Ruud ou Nuno Borges, pour une place en finale.

