40 ans Rolex Paris Masters – Episode #3 : Paris, ville lumière (2006 – 2015)
Nous poursuivons la grande saga du Rolex Paris Masters, qui fête cette année ses 40 ans. Au cours de sa troisième décennie (2006 – 2015), le tournoi parisien prend un nouveau virage et affirme encore un peu plus son identité. C'est l'âge d'or du Big Four et plus précisément celui de Novak Djokovic, qui fait de Paris l'un des théâtres privilégiés de son règne.
Le champion marquant : Novak Djokovic
Depuis ses débuts en 1986, le Rolex Paris Masters n'avait jamais réellement eu besoin de forcer le trait pour trouver son style, très tourné vers le spectacle et la modernité. Mais pour l'édition de ses 20 ans, en 2006, marquée par les débuts du Hawk-Eye et par le sacre de Nikolay Davydenko face à Dominik Hrbaty (6/1, 6/2, 6/2), l’événement a le sentiment – et c’est de son âge – de se trouver à la croisée des chemins, à l'image d'un calendrier ATP en pleine réflexion. Pour entrer dans une nouvelle ère, il décide d'affirmer encore un peu plus sa personnalité et de se tourner pleinement vers le futur.
Sous l'impulsion d'un nouveau directeur (Jean-François Caujolle), qui prend les commandes de 2007 à 2011, le tournoi développe autour des matchs un véritable show à l'américaine, avec animations son & lumière, DJ sets et design plus underground qui correspond bien à ce Paris très urbain, taquin et plein d'énergie. L'entrée des joueurs devient une mise en scène toujours mieux soignée, jusqu'à l'instauration en 2015 du fameux tunnel lumineux qui deviendra en quelque sorte la signature du Masters 1000 parisien. Un succès jamais démenti depuis, dans le sillage d'une épreuve qui n'aura de cesse, dès lors, d'attirer encore davantage les meilleurs joueurs de la planète.
Pour symboliser ce nouveau départ (ou plutôt ce virage), l’édition 2007 est également celle de la fin des finales en cinq sets, du début du "Sunday Start" et surtout du changement de surface, qui passe de la moquette à la résine sur bois, toujours en vigueur aujourd'hui. Un revêtement sur lequel David Nalbandian se sent immédiatement à l'aise : l'Argentin s'impose en réussissant l'exploit de surclasser Roger Federer en huitièmes puis Rafael Nadal en finale (6/4, 6/0). Il atteint également la dernière marche en 2008, battu par la nouvelle star du tennis français, Jo-Wilfried Tsonga (6/3, 4/6, 6/4), qui devient le troisième Tricolore victorieux à domicile, après Guy Forget (1991) et Sébastien Grosjean (2001).
Tsonga – par ailleurs finaliste en 2011 face à Roger Federer (6/1, 7/6(3)), dont le sacre très attendu à Paris fait le bonheur de tous – est sans aucun doute l’une des figures marquantes de cette décennie. C’est également le cas de son compagnon Mousquetaire, Gaël Monfils, double finaliste dans l'intervalle en 2009 et 2010, battu par Novak Djokovic (6/2, 5/7, 7/6(3)) puis par Robin Söderling (6/1, 7/6(1)). Citons également David Ferrer, lauréat en 2012 aux dépens du surprenant qualifié polonais Jerzy Janowicz (6/4, 6/3), puis détrôné l'année suivante, par Novak Djokovic (7/5, 7/5).
Mais c'est bel et bien le "Djoker" qui va s'imposer comme le champion le plus emblématique de ce tournoi, devenu au fil des saisons son Masters 1000 de prédilection. À ses débuts, il amuse la galerie en entrant à plusieurs reprises sur le court, le jour d'Halloween, affublé d’un masque sur le visage. Après s'être imposé en 2009 et 2013 (voir ci-dessus), il renonce à cette coutume pour se consacrer aux choses très sérieuses : en 2014, quelques jours après la naissance de son premier enfant (Stefan), il domine en finale Milos Raonic (6/2, 6/3) et devient le premier joueur à s'imposer deux fois d'affilée à Paris. Puis le n°1 mondial récidive en 2015, aux dépens de son dauphin au classement ATP, Andy Murray (6/2, 6/4).
L'âge d'or de Novak Djokovic se confond alors avec celui d'une épreuve éclatante de santé et de vitalité. L'affluence dépasse désormais les 130 000 personnes et le Top 10 mondial est présent dans son intégralité lors de cette édition 2015, une première. "Nole", lui, devient le premier joueur à triompher quatre fois au Rolex Paris Masters, surpassant au palmarès son coach de l'époque, Boris Becker, ainsi que Marat Safin. Et il ne s'arrêtera pas là, loin s'en faut. Mais ça, nous le constaterons dans le prochain épisode, consacré à la quatrième décennie d'une épreuve qui peut sereinement se tourner vers son avenir, plus que jamais entre de bonnes mains.
Le palmarès
2006 : Nikolay Davydenko b. Dominik Hrbaty (SVK) 6/1, 6/2, 6/2
2007 : David Nalbandian (ARG) b. Rafael Nadal (ESP) 6/4, 6/0
2008 : Jo-Wilfried Tsonga (FRA) b. David Nalbandian (ARG) 6/3, 4/6, 6/4
2009 : Novak Djokovic (SER) b. Gaël Monfils (FRA) 6/2, 5/7, 7/6(3)
2010 : Robin Söderling (SUE) b. Gaël Monfils (FRA) 6/1, 7/6(1)
2011 : Roger Federer (SUI) b. Jo-Wilfried Tsonga (FRA) 6/1, 7/6(3)
2012 : David Ferrer (ESP) b. Jerzy Janowicz (POL) 6/4, 6/3
2013 : Novak Djokovic (SER) b. David Ferrer (ESP) 7/5, 7/5
2014 : Novak Djokovic (SER) b. Milos Raonic (CAN) 6/2, 6/3
2015 : Novak Djokovic (SER) b. Andy Murray (GBR) 6/2, 6/4

