40 ans – Guy Forget : "Le tournoi a une identité très forte"

Photo : ©Tomas Stevens / FFT
Cérémonie 40 ans, Guy Forget / Rolex Paris Masters 2026
- Emmanuel Bringuier

Vainqueur du tournoi en 1991, lors de plus belle saison de sa carrière, Guy Forget évoque les souvenirs de son triomphe parisien et le tennis d'aujourd'hui.

Vous avez été honoré ce samedi en tant qu'ancien vainqueur du tournoi. Quels souvenirs gardez-vous de votre épopée victorieuse en 1991 ?

En regardant les images de ma victoire... J'étais beau, j'allais vite, je jouais bien (rires). En plus c'était un best-of, donc il n'y a que des jolis points ! Forcément, ça rappelle de belles émotions et c'est un joli clin d'œil d'être applaudi par le public, des années après. 

On vous a senti assez ému pendant la cérémonie... 

Oui, parce qu'on me montre souvent des images de la Coupe Davis en 1991 mais jamais des images du Rolex Paris Masters. À l'époque, les matchs se jouaient en cinq sets, c'était un vrai combat, c'était dur physiquement. Quand tu gagnes comme ça, en breakant au cinquième set, c'est une telle délivrance, un tel soulagement ! Je me souviens avoir ressenti un mélange d'émotions, avec ma famille qui était là. Mais finalement, trois semaines plus tard, tout était noyé dans la folie de la Coupe Davis. Donc c'est très agréable cette cérémonie, comme une petite cure de jouvence.

Est-ce qu'il y a un moment dans le tournoi où vous avez senti que vous alliez gagner ?

Quand tu n'es pas numéro un mondial ou le meilleur joueur en indoor du monde, tu ne peux pas jouer des Masters 1000 en te disant "je vais gagner le tournoi". Ça s'est dessiné petit à petit, match après match. Lorsque j'ai joué Sampras, qui avait déjà gagné l'US Open et le Masters, je ne me disais pas "je vais le battre". Je me disais "si je fais un bon match, si je sers bien, je vais lui poser des problèmes". Mais encore faut-il le faire. C'est pour ça que la joie est si grande, une fois la balle de match terminée, parce qu'en un coup de raquette, tout peut basculer.

Vous aviez un jeu très offensif, assez atypique pour le tennis actuel. Est-ce qu'il y a des joueurs dans lesquels vous vous retrouvez un peu aujourd'hui ?

Disons que j'apprécie beaucoup la surface qui a été mise en place cette année, qui est beaucoup plus rapide. Je pense que s'il y avait plus de surfaces comme celle-là, il y aurait davantage de joueurs comme Pete Sampras, Henri Leconte, Stefan Edberg ou Boris Becker. Ces joueurs qui, par leurs résultats en Grand Chelem, leur fougue, ont fait lever les gens de leurs fauteuils.

Aujourd'hui, qui est-ce qui joue comme ça ? Il n'y en a plus beaucoup malheureusement. Alcaraz, un peu. Quand il va à la volée, il fait des points tellement spectaculaires. Je pense que les gens ont envie de voir des styles de jeux différents. Borg était peut-être la plus grande star qu'on ait jamais vue dans l'histoire du jeu. C'est lui qui a amené le tennis dans des sphères planétaires. Et McEnroe, quelque part, était un véritable génie. Les gens venaient voir McEnroe autant pour le huer que pour l'acclamer. Il faut des styles différents, parce que le tennis est un spectacle avant tout, et que les gens veulent voir des choses divertissantes et des choses extraordinaires.

Vous avez été directeur du Rolex Paris Masters, vous connaissez très bien le tournoi. Que pensez-vous de ce nouvel écrin, la Plenitude Arena ?  

D'un point de vue infrastructures, pour le confort des joueurs, il n'y a pas photo. C'est vraiment un outil incroyable. Le restaurant, la salle de fitness, la hauteur des courts annexes... Je commente parfois pour la télévision et les partenaires étant restés les mêmes, les codes n'ont pas changé. Et ça, je trouve que c'est chouette. La couleur du court est la même, le trophée est le même. Le tournoi a une identité très forte. J'espère qu'à l'avenir, il y aura des Français qui vont succéder à Jo (Wilfried Tsonga). On se rend compte qu'avec du recul, souvent, les joueurs français ont bien joué ici. J'espère que ça se poursuivra. 

FFT / Cédric Lecocq