Shanghai : Davidovich Fokina, le goût du combat

Photo : ©Lintao Zhang / Getty Images Asiapac / Getty Images via AFP
Alejandro Davidovich Fokina / Photocall trophée - ATP 1000 Shanghai
- Romain Vinot

Dans la forme de sa vie, l’Espagnol a conclu sa brillante tournée asiatique en remportant son premier Masters 1000.

Un temps stoppé dans son ascension vers les sommets par une blessure au dos contractée lors de l’ATP 250 d’Umag en juillet, Alejandro Davidovich Fokina a frappé fort pour son retour à la compétition en Asie. Déjà sacré à Chengdu, le joueur de 27 ans a récidivé à Shanghai au terme d’un parcours durant lequel courage et abnégation ont fait très bon ménage.

11 matchs, 10 victoires et 2 titres

La roue a bel et bien fini par tourner. Longtemps considéré comme maudit à la suite de défaites souvent déchirantes lors de ses cinq premières finales sur le circuit, "ADF" a mis fin à l’anomalie à Majorque cet été. Un premier couronnement aux allures de libération. "Ce sacre m’a permis d’évacuer toute l’énergie négative accumulée lors de mes précédentes finales, a-t-il confirmé lors de sa deuxième moisson de lauriers de l’année – et de sa carrière – sur les courts de Chengdu fin septembre. Je sais désormais comment gérer la pression dans les moments décisifs."

Cette meilleure gestion des instants clés, le natif de Malaga en a également fait l'étincelante démonstration à Shanghai, terre de belles histoires depuis la désormais célèbre cousinade organisée par Valentin Vacherot et Arthur Rinderknech en 2025. Au bord du précipice lors de son troisième tour, Davidovich Fokina a sauvé une balle de match face à Frances Tiafoe avant de renverser Hubert Hurkacz puis le futur n°1 mondial Alexander Zverev dans le dernier carré. Un sang-froid et une rage de vaincre également mis en lumière sur la dernière marche, où il s’est retrouvé mené d’un set et d’un break par son compatriote Rafael Jodar avant de renverser la table (1/6, 7/6(5), 6/4 en 2h28). "J’étais plus tendu, plus nerveux, a-t-il concédé à l’issue de la finale. Il fallait que je sois présent, que je continue à y croire sur chaque balle et que j’essaie de le faire courir au maximum. Jouer physique, c’était la clé du match et ma seule chance de m’en sortir."

Eloigné des terrains pendant un peu plus de deux mois, il a donc signé un come-back fracassant ponctué de 10 victoires pour une seule défaite (lors de son entrée en lice à Tokyo, face à Matteo Berrettini) et surtout deux titres. Après avoir échoué de peu à Monte-Carlo en 2022, "ADF" est officiellement un vainqueur de Masters 1000, fait incontestable qu’il peinait lui-même à croire au terme de sa dernière victoire. "Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que j’ai accompli lors de cette tournée chinoise, a-t-il confirmé. Je n’aurais jamais pensé pouvoir gagner deux titres après deux mois d’absence. Je suis très heureux et je veux remercier mon équipe qui m’a toujours poussé. Quand j’étais chez moi, c’était vraiment difficile et ils m’ont mis la pression ! Ils savaient que j’étais capable d’accomplir de grandes choses et je leur suis très reconnaissant d’avoir cru en moi […] Je ne veux pas penser à la semaine prochaine, je veux juste profiter et célébrer avec mon équipe et retrouver ma femme et ma famille."

Désormais 13e mondial – son meilleur classement – il est également mathématiquement toujours en course pour disputer ses premières Finales ATP (16e à la Race), même s’il devra signer d’autres exploits pour espérer monter dans l’avion direction Turin. Son dernier adversaire, qui a disputé sa toute première finale de Masters 1000 ce week-end grâce notamment à de prestigieux succès face à Casper Ruud et Daniil Medvedev (après avoir signé quatre remontadas consécutives) est encore mieux classé (11e) et mieux placé (9e à la Race) pour composter son billet, lui qui émargeait au 210e rang mondial à la même époque l’an passé…