Rome : Sinner, l’imperatore
Vainqueur du prestigieux tournoi romain, l’Italien n’en finit plus d’accumuler les records.
Son nom ne cesse de résonner dans les plus belles enceintes du monde. Ce dimanche, Jannik Sinner a ajouté le dernier Masters 1000 qui manquait encore à son impressionnant palmarès.
Maître de ses émotions
À une semaine du coup d’envoi du tableau principal de l’édition 2026 de Roland-Garros, le Campo Centrale a vibré à l’occasion de la finale du dernier Masters 1000 de la saison sur terre battue. Face à Casper Ruud – présent sur la dernière marche d’un tournoi de cette ampleur pour la première fois en 2026 –, Jannik Sinner a eu besoin d’1h44 pour prendre le dessus. D’abord mené 0-2 et après avoir concédé huit des neuf premiers points de la rencontre, l’Italien s’est mis à frapper la balle avec davantage de précision et de puissance pour ne plus jamais relâcher son emprise.
Particulièrement ému au moment de célébrer cette nouvelle victoire (un 34e succès consécutif dans la plus prestigieuse catégorie des tournois ATP, record absolu), il s’est montré particulièrement prolixe au micro lors de la cérémonie de remise des trophées : "C’est un tournoi très important pour moi, j’ai ressenti beaucoup d’émotions aujourd’hui, a-t-il détaillé. Il y avait de la tension, j’ai dû traverser des moments difficiles, surtout sur le plan mental. Je suis très heureux de cette victoire !"
Un amoncellement de nouveaux records
Depuis 50 ans, les Italiens attendaient de célébrer le successeur d’Adriano Panatta, dernier champion local (en 1976). En ajoutant ce sixième Masters 1000 consécutif à la longue liste de ses accomplissements, Jannik Sinner a répondu à toutes les attentes.
En plus de marquer l’histoire de son pays, le n°1 mondial continue d’inscrire son nom au panthéon de la discipline, en accumulant les records. Il y a trois ans, l’Italien glanait son tout premier Masters 1000 (contre Alex de Minaur, à Toronto, en 2023), devenant ainsi le deuxième Transalpin à remporter un titre de cette envergure après Fabio Fognini (Monte-Carlo en 2019). Hier, à 24 ans seulement, il a complété son Golden Masters en carrière, égalant ainsi Novak Djokovic, seul joueur qui était jusqu’ici parvenu à remporter les neuf tournois de cette catégorie. "Bienvenue dans ce club exclusif", l’a d’ailleurs félicité le Serbe – qui avait sept ans de plus au moment d’accomplir cet exploit – dans sa dernière story Instagram.
Impérial depuis son succès parisien en novembre dernier, l’Italien est également le deuxième joueur, après Rafael Nadal en 2010, à s’imposer à l’occasion de tous les Masters 1000 sur terre battue au cours de la même saison. "Il n’y avait pas de meilleur endroit pour compléter cette collection. Ça a toujours été un tournoi très spécial pour moi. J’ai toujours senti beaucoup d’attention ici, dans un sens positif, avec beaucoup d’émotions à vivre. Ça représente énormément de m’imposer ici au moins une fois dans ma carrière."
Et maintenant, Roland ?
S’il confesse ne pas se sentir capable de remporter l’intégralité des Masters 1000 cette saison, Jannik Sinner a déjà les yeux rivés vers Paris. Dans une forme étincelante, il se dirige à grands pas vers un tout nouvel objectif pour lui : brandir la Coupe des Mousquetaires dimanche 7 juin. "Mon objectif de l’année, c’est Roland-Garros, a-t-il martelé en conférence de presse. On verra ce qu’il s’y passe, je ne veux pas me mettre trop de pression." Finaliste d’un match légendaire l’an passé face à Carlos Alcaraz, il possède désormais près de 3000 points d’avance sur son grand rival – qui ne disputera pas Roland-Garros cette année.

