Madrid : Sinner reçu cinq sur cinq
Le n°1 mondial s’est adjugé un nouveau record en remportant le Masters 1000 de Madrid face à Alexander Zverev ce dimanche.
Vainqueur du Rolex Paris Masters en 2025 puis sacré champion à Indian Wells, Miami et Monte-Carlo, Jannik Sinner est devenu le premier joueur de l’histoire à remporter cinq tournois de catégorie 1000 consécutifs en triomphant dans la Caja Magica.
Sinner, les chiffres et la manière
Irrésistible, inarrêtable, invincible… Les adjectifs dithyrambiques ne manquent pas pour qualifier la forme actuelle de Jannik Sinner. Il faut dire que le n°1 mondial semble sur un nuage depuis de nombreuses semaines et sa surprenante défaite en quarts de finale du tournoi de Doha face à Jakub Mensik. Depuis cet accroc, il a glané 23 victoires de rang, toutes en Masters 1000, ne lâchant que deux sets en route (face à Tomas Machac à Monte-Carlo puis contre Benjamin Bonzi à Madrid). Dans la capitale espagnole, il s’est ensuite aisément défait d’Elmer Moller, Cameron Norrie, Rafael Jodar, Arthur Fils et Sascha Zverev.
Déjà victime du patron à Paris La Défense Arena puis lors du Sunshine Swing et en Principauté, l’Allemand s’est retrouvé sans solution pendant 57 minutes (6/1, 6/2). Il faut dire que son prestigieux adversaire a converti 100% de ses balles de break (4/4) tout en se montrant absolument impérial sur sa propre mise en jeu (93% de points gagnés derrière sa première, aucune opportunité de break à écarter). "Je pense qu’il y a actuellement un écart considérable entre Jannik et tous les autres, a confié Zverev. Et je pense qu’il y a un écart important entre Carlos, moi-même, Novak et tous les autres. C’est difficile de prétendre le contraire étant donné que Jannik n’a pas perdu un seul match en Masters 1000 depuis Shanghai, il y a près de neuf mois !"
Les faits donnent évidemment raison au troisième joueur mondial : qu’importent les conditions de jeu, les adversaires ou la surface, à la fin, c’est Sinner qui récolte les lauriers. "A Paris, c’est en salle, à Indian Wells, la balle rebondit beaucoup et à Miami, c’est très plat, a analysé l’Italien à l’issue de sa victorieuse finale. Puis on change de surface, à Monte-Carlo c’est un peu plus lent mais à Madrid, en haute altitude, il faut bien servir pour faire la différence […] Ensuite, il y a d’excellents joueurs que l’on connait bien et ceux qui semblent être en passe de percer alors qu’ils sont en fait déjà bien installés. Si on prend l’exemple de Rafael Jodar, personne ne le connaissait vraiment il y a six mois et aujourd’hui, il fait déjà partie des grands noms. Alexander Blockx a également atteint le dernier carré ici. Il y a beaucoup de joueurs qui ont un potentiel énorme. Il faut être prêt et se tenir informé. Mon travail consiste toujours à m’améliorer en tant que joueur car finalement, les résultats sont la conséquence du travail accompli. Nous travaillons très bien, c’est certain mais il faut continuer car si on se relâche un peu, les autres vont très vite nous rattraper. Je suis donc très heureux de continuer à travailler."
Bientôt l’égal des plus grands ?
A ce niveau de compétition, le natif de San Candido avait déjà égalé les monstres sacrés du jeu en s’offrant quatre levées consécutives (sur deux saisons). Désormais, il a inscrit une toute nouvelle marque (5/5) et pourrait enchainer un sixième sacre de suite à Rome, ce qui lui permettrait au passage de réussir le Golden Masters en carrière (remporter au moins tous les Masters 1000 du calendrier), un accomplissement seulement réalisé auparavant par Novak Djokovic.
Not too bad, pourrait-on commenter, bien qu’il refuse catégoriquement de se mesurer au légendaire Big 3. "Comme je l’ai toujours dit, je ne peux pas me comparer à Rafa, Roger ou Novak, a-t-il détaillé en conférence de presse. Ce qu’ils ont accompli est tout simplement incroyable. Je ne joue pas pour les records en général. Je joue pour moi, pour les membres de mon équipe qui savent ce qu’il y a derrière tout ça et pour ma famille, qui ne change pas sa façon d’être avec moi malgré ces succès. Bien sûr, ces chiffres sont impressionnants mais ils impliquent beaucoup de discipline et de sacrifices […] J’apprécie mon parcours, j’aime me mettre dans la meilleure position possible pour être la meilleure version de moi-même. Mais je ne joue pas pour d’autres records et ce que les autres joueurs ont accompli par le passé – et ce que Novak continue de faire –, c’est exceptionnel. Je ne peux pas me comparer à eux."
Si le temps et son palmarès en fin de carrière permettront de définitivement le classer dans la grande hiérarchie du tennis moderne, Jannik Sinner pourrait bien garnir son armoire (qui compte déjà 28 trophée) lors des prochaines semaines. Privé de son grand rival Carlos Alcaraz (officiellement forfait pour Rome et Roland-Garros), l’Italien semble bel et bien seul au monde.

