Cincinnati : Fils, nouvelle étape, nouvelle dimension

Photo : ©Matthew Stockman / Getty Images North America / Getty Images via AFP
Arthur Fils / Photocall Trophée - Masters 1000 Cincinnati
- Romain Vinot

A 22 ans, le Français a frappé un grand coup en s’adjugeant son premier trophée en Masters 1000.

Ecrire sa propre histoire, celle de son pays et pourquoi pas, de la discipline. Tels sont les ambitieux objectifs d’Arthur Fils, qui a franchi une nouvelle étape de sa progression le week-end dernier dans l’Ohio. Un prestigieux sacre loin d’être une fin en soi pour le natif de Bondoufle, qui peut légitimement rêver plus grand.

12 ans d’attente

Seulement 15 jours après le back-to-back de Ben Shelton à l’Open du Canada, la Next Gen s’est de nouveau illustrée sur les courts de Cincinnati. Tombeur notamment de Jiri Lehecka, Alex De Minaur puis Flavio Cobolli au cours de son brillant parcours, Arthur Fils a parachevé sa semaine idéale en faisant preuve de puissance, de précision et de force mentale pour résister au retour du chouchou du public, Frances Tiafoe, en finale (6/3, 1/6, 6/0 en 1h28). Déjà demi-finaliste en Masters 1000 à Miami puis à Madrid cette année, il a donc largement brisé son plafond de verre pour succéder à Guy Forget dans l’Ohio (1991) et pour devenir le plus jeune Français sacré dans cette catégorie de tournois, le premier depuis Jo-Wilfried Tsonga, en 2014.

Des accomplissements nationaux qui font désormais écho à la grandissante renommée internationale de celui qui frappe avec insistance et détermination aux portes du Top 10 (il est 11e mondial, son meilleur classement) et qui s’avance comme un candidat plus que crédible aux Finales ATP ainsi qu’aux places d’honneur à l’US Open, dont le coup d’envoi du tableau principal sera donné dimanche 30 août.

A noter que face à l’Américain, Fils a signé sa dixième victoire en autant de rencontres disputées au set décisif cette année ainsi que son 20e succès en Masters 1000 en 2026, un record dans l’histoire du tennis français sur une saison. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. "Ce titre est une troisième étape (après ses sacres en ATP 250 et ATP 500, ndlr) et j’ai toujours dit à mon équipe que j’aimerais remporter toutes les catégories de tournois possibles, a-t-il expliqué en conférence de presse. Gagner ici était un objectif mais ce n’est pas une finalité, je vais continuer de travailler encore très dur pour aller chercher de plus grands sacres même si ce ne sera pas facile."

Rendez-vous à New York

Sa quête de titres, Arthur Fils va désormais tenter de la poursuivre à Flushing Meadows où il sera tête de série n°10 d’une compétition qui se disputera avec Carlos Alcaraz mais sans Jannik Sinner. Il ne s’agira par ailleurs que du deuxième Grand Chelem de l’année pour le Tricolore, privé de l’Open d’Australie et de Roland-Garros en raison de blessures qui ont ralenti son ascension. "J’ai compris beaucoup de choses à cause de cette blessure, ça m’a fait du mal ainsi qu’à mes proches mais ils m’ont tous encouragé à revenir plus fort, a-t-il poursuivi. Je suis un joueur différent sur le terrain, j’essaie de davantage réfléchir, de faire les bons choix, de faire plus de sacrifices et de ne pas jouer comme un enfant. Le travail porte ses fruits, ce n’est que le début mais c’est pas mal !"

Le vent en poupe, l’envie de bien faire et l’absence de pression puisqu’il n’aura aucun point à défendre : le Majeur américain ainsi que la fin de saison – marquée notamment par Shanghai et le Rolex Paris Masters – pourraient bien conforter Arthur Fils dans sa volonté de gravir tous les sommets.